Qui est la Grande Faucheuse?

L’humain a toujours eu des appréhensions envers la mort et quand la Grande Faucheuse passera. De savoir que la vie a une fin et qu’il est impossible de savoir quand celle-ci arrivera a toujours stressé les gens. Chaque religion du monde tente à sa façon de donner un sens à la vie. Les religions veulent rassurer les fidèles en leur disant que la mort n’est pas la fin. Réincarnation, paradis, enfer, résurrection et royaume des morts ne sont que quelques exemples de promesses par certaines religions. L’humain tente aussi d’associer la mort à une force ou à un personnage. Celui qui nous est le plus familier est l’image de la Mort avec une grande faux. D’où provient ce personnage fictif ?

Notre Grande Faucheuse traditionnelle

Dans les représentations de la Mort, nous voyons souvent un squelette, dans une grande toge noire et ayant une faux à la main. Parfois, il ne s’agit que d’une ombre noire et de la faux. Nous entendons souvent l’expression « la Faucheuse » ou même « la Grande Faucheuse » pour définir ce personnage effrayant qui vient prendre l’âme de la personne qui décède.

L’origine de notre représentation actuelle de la Grande Faucheuse provient de la Renaissance, plus précisément de l’Italie. À ce moment, la peste noire fit périr au moins le tiers de l’Europe en environ 5 ans (de 1347 à 1352). Avec autant de décès, il est concevable que l’humain ait eu besoin de mettre un « visage » sur la cause. Le résultat d’un squelette en toge noire avec une faux vient de certaines représentations de l’époque. Le squelette est le résultat final du corps après son décès. La toge noire vient de l’habit des religieux lors des cérémonies funéraires du temps. La faux quant à elle représente l’outil avec lequel les cultivateurs récoltaient les grains. Donc la Grande Faucheuse récoltait les âmes avec le même outil. Cependant, l’image de la faux associée à la mort remonte à plus loin. La première association remonte à la mythologie grecque et au dieu Cronos.

La faucheuse hindoue

Selon la mythologie hindoue, la Mort est nommée Yama et sa représentation est bien différente de la nôtre. La traduction du nom signifie « le seigneur de la mort » et il est en quelque sorte un dieu de l’enfer qui juge les défunts. Selon la mythologie, il aurait été le premier à décéder. Il est représenté montant un taureau et ayant un lasso à sa main afin d’attraper l’âme de gens. Bien que diffèrent à bien des niveaux, une chose est très similaire à notre représentation : un objet qui vient prendre l’âme. Que ce soit une faux ou un lasso, les représentations de la Mort ont toutes deux un objet qui les aide à accomplir leur tâche, prendre l’âme d’une personne.

La bonne faucheuse

En Amérique latine, un personnage nommé Santa Muerte est la personnification locale de la Mort. Puisque la « mort » est un nom féminin, ce personnage est une femme. Un squelette vêtu d’une grande robe. Aucune couleur n’est réellement associée à ses vêtements. Contrairement à la plupart des personnifications de la Mort dans le monde, elle est perçue comme un symbole positif. C’est elle qui prend en charge l’âme du défunt, mais elle s’assure que celle-ci soit apportée en sécurité dans la vie après la mort. Elle est célébrée afin de rappeler que nous sommes tous mortels et que la vie a une fin. Bien qu’elle ne possède pas d’accessoire (faux ou lasso) lui servant à recueillir les âmes, l’image du squelette, comme sous la toge de notre image de la Grande Faucheuse, est utilisée pour représenter la Mort.  

C’est intéressant de voir que partout dans le monde, nous pouvons observer différentes représentations qui « humanisent » la mort. Le fait de rendre « humain » un concept, un événement ou un phénomène se nomme : l’anthropomorphisme. Ce type de comportement est observé depuis la préhistoire ! Ce n’est donc pas étonnant qu’il y ait autant de représentation de la Grande Faucheuse adaptée à chaque culture.