Le deuil animalier et le deuil d’un proche

Les animaux domestiques prennent de plus en plus de place dans nos vies. Les gens ont moins d’enfants et le chien devient un membre de la famille à part entière. Les chiens et les chats sont les animaux domestiques les plus populaires au Québec. Après plus de 10 ans, la présence de cet animal fait partie du quotidien. Sommes-nous aussi affectés par la mort d’un animal que la mort d’un proche ?

Souvent le premier deuil chez l’enfant

Votre enfant voulait un animal et vous saviez qu’un chien était un engagement trop exigeant pour vous. Vous avez acheté un hamster ou un cochon-dinde. Vous ne vous êtes peut-être pas vraiment attaché à ce petit être, mais vos enfants, eux, étaient en amour avec lui. Ces petites bêtes ne vivent pas bien bien longtemps. Un matin, celui-ci ne bougeait plus dans sa cage et vous avez dû expliquer à votre jeune ce qu’est la mort. Souvent, c’était la première expérience de celui-ci avec la mort. Vous lui avez expliqué dans ses mots ce qu’est la mort. Souvent, le prochain décès que connaitra l’enfant sera un de ses grands-parents ou un oncle/une tante.

Est-ce un deuil ?

Les spécialistes ont des opinions différentes sur le sujet. Certaines personnes croient que le mot deuil peut être associé à n’importe quelle perte (un emploi, une maison, le changement, un animal, une personne, etc.). D’autres croient que le deuil devrait seulement être associé à la perte d’un être cher, une personne significative pour notre vie. Il est cependant difficile de mesurer la peine. La personne seule qui perd son chat qui était toujours avec elle, ne vit-elle pas un deuil ? Il ne faut pas minimiser la peine d’une personne qui perd un animal, elle a le droit de vivre ces émotions. Ne minimisez pas ce qu’elle ressent en lui disant des choses comme : « Tu pleures pour un chat ? » ou « Voyons, c’est juste un chien, achètes en un autre ! ». Les animaux sont des êtres vivants, il y a un lien d’attachement entre le maitre et l’animal.

On ne mesure pas la peine de l’autre, on ne la connait pas

Parfois le deuil des gens nous surprend. Une personne n’a pas vraiment de peine à la suite du décès d’un parent, mais en a pour une grande tante. C’est impossible de connaitre le degré de peine d’une personne. Que ce soit pour un humain ou pour un animal. Peut-être que la personne qui a perdu son chat ne pouvait pas avoir d’enfant et considère cette perte comme la perte de son propre enfant. Peut-être que le chien d’une personne était un chien de service qui l’a aidé plus que n’importe qui dans sa vie. Il se pourrait qu’une personne plus solitaire et gênée forge des liens plus fort avec un animal qu’avec toute autre personne.

Personne en deuil de son animal

Nos relations avec les animaux ont évolué grandement, mais en même temps, nos rituels funéraires sont de moins en moins significatifs. On observe de plus en plus de rituels funéraires pour les animaux, mais de moins en moins pour les proches qui nous quittent. Pour plusieurs, cette situation est difficile à comprendre. Sommes-nous plus attachés à notre animal domestique qu’à nos parents qui nous ont mis au monde ? Nous investissons de plus en plus pour le bien-être de nos moustachus, mais les aînés sont de plus en plus laissés à eux même sans visite dans les CHSLD. Avons-nous délaissé nos familles pour nous concentrer sur nos animaux domestiques ? Je crois que les deux ont leur place. Aimer et s’occuper d’un n’empêche pas de s’occuper et d’aimer de l’autre. Tous les deux ont le droit à un départ digne et un au revoir significatif.

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