La mise en terre en hiver

Règle générale, on ne choisit pas le moment de notre décès. Dans les films, tout le monde meurt en été lorsque les jardins sont fleuris et c’est possible de marcher dans le cimetière en talon haut. Dans la vraie vie, c’est souvent bien différent. Au Québec, il y a parfois de la neige à partir d’octobre et parfois jusqu’en mai, dépendant de la région où vous vivez. Si l’emplacement de cimetière choisi est intérieur, dans une crypte ou un columbarium, les saisons ne changent pas grand-chose au déroulement. Cependant, si votre choix s’est arrêté sur une mise en terre plus traditionnelle, est-ce possible malgré le froid et la neige du mois de janvier ?

La réponse est malheureusement : cela dépend.

Plusieurs cimetières, principalement les plus gros, opèrent à l’année. Si vous, ou un proche décédiez en plein milieu de l’hiver, ceux-ci pourraient vous servir. Pour se faire, le cimetière doit être équipé d’une machinerie spéciale. Vous comprendrez facilement que de creuser au beau milieu de l’hiver avec un sol gelé est beaucoup plus complexe qu’au beau milieu de l’été. Les cimetières doivent se procurer de l’équipement spécial pour être capables de creuser toutes les saisons. Ce type d’équipement peut être dispendieux pour les cimetières. La majorité des cimetières qui offrent ce service ne vous chargeront pas de frais supplémentaires. Il est cependant important de s’informer pour être certain.

Et les autres ?

Si vous venez d’une région éloignée, les chances que votre cimetière opère à l’année diminuent. Pourquoi ? Souvent, c’est lié aux frais mentionnés plus haut. S’équiper est dispendieux et la perspective de facturer un gros supplément aux familles n’intéresse pas toutes les entreprises opérant un cimetière. Un autre problème peut aussi être le budget annuel. Un petit cimetière paroissial n’a pas le même budget qu’un grand cimetière privé.

Certains cimetières offrent la mise en terre en hiver, peu importe les saisons. Certains offrent des mises en terre de mai à octobre seulement. C’est important de s’informer lors de l’achat d’un lot dans un cimetière. Ont-ils des politiques spécifiques sur la mise en terre en hivers ? Ont-ils des frais liés à l’entreposage ? Possèdent-ils un charnier ?

Le charnier

C’est un nom bien connu des employés du domaine funéraire, mais méconnu du public. Qu’est-ce qu’un charnier ? C’est un lieu qui est spécifiquement aménagé pour conserver les corps durant l’hiver, en attente d’être mis en terre. C’est une chambre froide pour cercueil. Les cercueils ne pouvant pas être mis en terre durant l’hiver seront entreposés dans le charnier jusqu’à ce que le sol soit assez dégelé pour la mise en terre. Ce moment varie bien sûr d’un endroit à l’autre dans la province de Québec. Le charnier n’est pas obligatoire et un nombre minimum de places n’est pas requis non plus. Il se peut donc que vous n’ayez pas accès à un charnier dans votre région ou à certains moments dus à l’achalandage. Certains cimetières ou maisons funéraires peuvent aussi vous charger des frais d’entreposage. Informez-vous de la procédure et les frais possibles à l’entreprise funéraire ou au cimetière.

L’impact sur le deuil

Les funérailles sont un moment difficile pour la famille. Habituellement, la mise en terre est faite directement après les funérailles. Devoir attendre au printemps prochain pour la mise en terre occasionne parfois des problèmes. Certains prétendent que le fait de faire les funérailles et l’enterrement à des moments différents affecte leur deuil et ils ont l’impression qu’ils ne peuvent réellement débuter leur processus avant la mise en terre. Certains disent que la mise en terre faite quelques mois plus tard leur a permis de dire au revoir de façon plus sereine et moins émotive. Il n’y a pas de bonne façon de se sentir dans cette situation. L’important c’est vous, comment vous vivez votre deuil. Informez-vous sur les politiques internes du cimetière pour être certain que celles-ci vous conviennent.