La photographie funéraire

Depuis quelques années, on entend souvent parler des selfies funéraires. Une selfie funéraire est en fait un égoportrait qui inclut la dépouille en arrière du sujet. Ce genre de photographie funéraire a choqué plus d’une personne, en plus de faire plusieurs fois les manchettes. Il est certain que c’est plus facile de prendre un cliché de nos jours, car la majorité des gens ont un téléphone intelligent dans les mains. Prendre une photo prend seulement quelques secondes. Avant, dans le début de la photographie, prendre une simple photo était très long. Cette rapidité change beaucoup de chose dans la vie et aussi dans le monde funéraire.

L’histoire de la photographie funéraire

Commençons par une petite leçon d’histoire. Les photographies prises lors des rituels funéraires ne datent pas d’hier. Au 19e siècle, cette pratique était même populaire. Les gens mourraient rapidement et parfois très jeunes. Les familles étaient nombreuses et il était malheureusement plus commun de perdre tragiquement un frère, une mère ou un autre membre de la famille. Les funérailles étaient donc plus fréquentes dans les maisons. Faire venir un photographe était plutôt dispendieux et souvent, les seules occasions étaient les funérailles. Lorsqu’un enfant mourait, la photographie prise à ses funérailles était souvent la seule que la famille possédait. Cette photo devenait donc très importante aux yeux des proches et les aidait grandement dans leur processus de deuil.

Ce type de photographie funéraire était très respectueux et significatif pour les familles. Elles étaient conservées avec soin. Plus le temps passe, plus les options étaient intéressantes pour les familles. Le développement de plusieurs photographies à l’aide d’un seul négatif a permis aux familles de partager la dernière (ou seule) photo de la personne décédée. La tradition de prendre une photo aux funérailles s’est effacée graduellement quand l’accès aux appareils photo est arrivé. Les gens avaient de plus en plus de photographies de leurs proches et cette photo traditionnelle est devenue de moins en moins nécessaire.

Par : Ole Tobias Olsen – National Library of Norway, Public Domain

Aujourd’hui, les selfies

Plusieurs médias ont parlé des selfies funéraires comme une chose horrible et insolente. Les égoportraits sont souvent perçus comme une photo de nature très vaine et narcissique. Une dernière photo avec son grand-père peut paraitre irrespectueuse pour certains, mais est peut-être très significative pour d’autres. L’augmentation de l’utilisation des téléphones intelligents chez les adultes au Québec qui est passé de 13 % en 2009 à 73 % en 2018 donne accès à un appareil photo à la grande majorité des gens.

Au Québec, la loi proscrit la prise de photographie d’un défunt. Avant de prendre la moindre photo d’un défunt, vous devez absolument avoir l’autorisation de la famille. La notion de respect est très importante dans ce genre de circonstance. Une selfie irrespectueuse avec un défunt que vous connaissiez peu n’a pas sa place. Cependant, si vous avez besoin d’avoir une dernière photo digne de votre grand-père, cela peut être une bonne chose. Certains psychologues prétendent qu’une photo aux funérailles peut aider à enclencher le processus de deuil. Écoutez-vous tout en respectant le défunt et les proches de la personne décédée.

La chose à ce souvenir par rapport à la photographie lors de funérailles est bien simple : respect. Les proches du défunt ne doivent pas sentir que vous manquez de considération ou que la dignité du défunt n’est pas respectée. Demandez au personnel du salon funéraire leur politique sur le sujet, et surtout, demandez aux proches du défunt leur permission avant de prendre le moindre cliché. Vous pouvez avoir besoin de cette photo pour votre deuil, mais vos amis Facebook n’en ont surement pas besoin… Soyez respectueux.

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