Qu’arrive-t-il après la mort ?

Malheureusement, je ne vous parlerai pas de ce qui arrive à votre âme après la mort. Personne n’est jamais revenu pour me confirmer que telle religion avait raison ou que cette partie était fausse. Personne n’a confirmé que l’on se réincarnerait en skieur alpin, en poussin ou en sapin. Cependant, je peux vous dire ce qui arrive à un corps après le décès.

Dès le dernier souffle, le corps débute son long processus de décomposition. Lorsque l’on mentionne la décomposition, les gens pensent directement à la putréfaction. La dégradation du corps n’est pas simplement synonyme de putréfaction. Plusieurs étapes la précèdent. Premièrement, le corps se décolore, il se décolorera pendant environ douze heures. Le corps relâche ce qu’il retenait ; les gaz, les liquides et autres s’évacuent. La peau commence à s’assécher, ce qui donne l’impression que les ongles et les cheveux poussent. Le corps commencera à se refroidir graduellement. Celui-ci perdra en moyenne d’un degré Celsius par heure, jusqu’à atteindre la température ambiante.

Rigor mortis

Deux ou trois heures après le décès, la rigidité cadavérique, ou rigor mortis en latin, débute. La rigidité atteint son apogée entre six et douze heures suivant le décès. Cette raideur est causée par la coagulation de la myosine. Cette protéine est présente dans le muscle et sa coagulation fait en sorte que le muscle devient rigide. Après trente-six heures, la rigor mortis commence à diminuer. Le corps redevient malléable. La rigidité du corps s’estompe entièrement environ quarante-huit heures après le décès. Bien sûr, les heures nommées précédemment sont une approximation, elles peuvent varier selon l’âge, le poids et la grandeur. Beaucoup de choses peuvent influencer en retardant ou accélérant le processus.

Par la suite, le corps se dégrade de plus en plus. La raison pour laquelle les hôpitaux et les salons funéraires utilisent des chambres froides est bien simple : retarder la décomposition naturelle du corps. Une thanatopraxie est importante pour la présentation d’un corps lorsque celle-ci est faite après les vingt-quatre suivant le décès. Il est important de savoir que la thanatopraxie est obligatoire au Québec à des fins de santé publique, vous pouvez consulter la loi pour plus de détails. Le corps débutant sa décomposition tout de suite après la mort, il serait impossible de présenter un corps non embaumé à des funérailles qui ont lieu une ou deux semaines plus tard.

Un temps d’arrêt après la mort

Le corps de la personne décédé est très important pour l’entourage. C’est pourquoi l’humain a développé toute sorte de technique de conservation afin d’avoir le temps de se rassembler et de dire leurs adieux. Les coutumes varient selon les régions et selon les moyens disponibles également. La température joue un rôle important dans la conservation du corps et elle influence les pratiques à travers le monde. C’est pourquoi, par exemple, dans la tradition musulmane, les corps devaient être mis en terre dans les vingt-quatre heures suivant le décès. La température ambiante très élevée et l’absence de moyen de conservation obligeaient les gens à agir rapidement pour la santé publique.

L’humain a développé des techniques de conservation pour avoir la possibilité de voir le corps, ce qui est très important dans le processus de deuil. L’exposition du corps est possible même si de grands délais ont eu lieu, vous pouvez en apprendre sur le sujet dans un article précédent. Sans embaumement, placé en terre sans cercueil, le corps peut prendre en moyenne une dizaine d’années. Lorsqu’embaumée et placée dans un cercueil, la conservation peut être très différente. Dans les meilleures conditions, des corps se sont conservés quasi parfaitement durant plus de 100 ans ! N’oublions pas l’histoire de la momie en parfaite condition datant de plus de 2000 ans également.